Méditation sur un tronc

Vendredi 28 octobre, Tarn

Après une heure dans le champ à m’occuper des fraisiers, je gravis la colline pour profiter des rayons encore chauds du soleil couchant. Là, un espace de forêt rasée a laissé visibles quelques troncs coupés et éparpillés au milieu des repousses d’arbres et de la terre peu à peu envahie par les ronces. Une forêt de sapins sur la gauche, et d’autres collines encore feuillues en face ravissent mes yeux. Je me fraye un chemin parmi le bois mort jusqu’à ce tronc coupé que j’ai adopté depuis quelques jours en guise de siège de méditation, enlève chaussures, chaussettes, pull, et m’assieds en tailleur sur le bois sec, les pieds nus en contact avec le rugueux de l’écorce et les mains sur les genoux.

Après quelques respirations, la paix et la sérénité réintègrent mon corps dans un frisson ascendant. Une danse bien particulière commence, les yeux ouverts, dans ce havre de paix qui reconnecte mon énergie à la terre, au ciel, par ce tronc enraciné qui me porte. Je ferme les yeux. Dans ce voyage immobile, je ne fais qu’un avec l’arbre coupé, les racines sont mes pieds et la sève terrestre me nourrit des pieds à la tête. Dans un mouvement interne d’envol, la vue en altitude rend le paysage clair et cohérent, le pourquoi du comment et le comment du pourquoi, les effets trompeurs et les causes enfouies, les histoires et ses images, les besoins criants et les actes futiles, les aspirations de l’ego et ses couches de protection entassées. J’observe et m’amuse des pensées qui me traversent, en prenant conscience des douleurs et des blocages qui rendent la peur maîtresse.

Alors que tout s’évapore dans le va-et-vient de l’air dans mes poumons et mon ventre, je répète et chorégraphie ma vie dans une litanie évidente “Je suis mon propre but“. Il n’y a rien d’autre, ces milliards d’atomes vibrant à la même fréquence, cette recherche d’amour au-dehors s’évanouissant pour exploser au-dedans, cette lumière connectant les règnes. Je suis l’arbre et sa sève, la goutte et l’océan, la poussière de la terre et les pieds qui la foulent, l’instrument et le son qui se propage, je suis le coeur qui bat et la vie dans chaque être, je suis toi, moi, nous, Un et tout.

N’ayons pas peur du rien et du silence. Prenons le temps de nous asseoir, d’accueillir et laisser passer le brouhaha intérieur pour nous enraciner quelques minutes, arrêtons-nous pour contempler la beauté et l’interconnexion, nous laisser emplir à la fois par le calme et l’énergie qui bouillonne tout autour, dans la brise, la chaleur, l’envol d’un oiseau, le frissonnement des feuilles, le corps à l’écoute et l’esprit grand ouvert aux possibilités infinies…

This slideshow requires JavaScript.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s