Les départs/ Departure

Les départs sont toujours un peu schizophrènes. On est partagé entre la tristesse de laisser un lieu, une atmosphère, des personnes, et la reconnaissance d’avoir vécu de si belles expériences. Il y a l’excitation des moments à venir mêlée à la nostalgie d’un endroit qu’on n’a pas encore quitté. À cela se rajoute l’espoir de se revoir un jour, espoir rarement concrétisé, sauf dans les cas de connections si fortes que l’amitié reste malgré le temps et la distance (je pense par exemple à mon ami J. en République Tchèque).

64045_10151400164776754_633615983_n.jpgDéjà 6 ou 7 ans que je vagabonde régulièrement, et je remercie à chaque fois la vie de me donner des moments d’une rare intensité, ce sont à chaque fois des apprentissages accélérés, des scénarios plus ou moins hasardeux et magiques, une présence au monde différente, et tout ceci dans un laps de temps pourtant limité.

Je rêve d’un jour où le voyage sera éternellement recommencé, sans billet retour vers l’idée de routine ou de prison. Pour cela, un changement de mode de vie et aussi de point de vue est nécessaire, mais je n’y suis pas encore. Pour ne plus vivre les départs de façon dramatique, il faudrait se “créer une vie dont on ne veut plus s’enfuir”. Merci cher N. pour cette phrase qui résonne désormais assez souvent en moi… Il faudrait parvenir à faire confiance: en laissant certaines personnes et certains lieux ici, on va toujours inéluctablement vers de nouvelles expériences et rencontres là-bas. Tout est bon à prendre, à apprendre même. L’univers se charge en quelque sorte d’amener dans notre vie les éléments nécessaires à notre évolution, encore faut-il pouvoir les accueillir en conscience.

Les départs apprennent le lâcher-prise, en particulier quand les relations ont été harmonieuses, intenses, parfois même intimes… C’est déjà la fin de quelque chose qui commence, alors que les concernés étaient parfaitement au fait de l’éphémérité des moments partagés. C’est aussi ça le voyage, pourrait-on vraiment s’en délecter autant s’il était perpétuel? Les regards se croisent, s’interrogent, presque gênés de poser la question d’une éventuelle prochaine rencontre, comme s’il y avait une honte adolescente à l’envisager, comme si le vagabondage excluait l’idée d’attachement… Les connections d’âmes n’ont pas de frontières ni de délai temporel! On peut revoir une personne que l’on n’a pas vue depuis deux ans, la serrer dans ses bras, et reprendre l’échange comme s’il ne s’était rien passé depuis.

Les départs sont tristes, oui, ils se répandent en larmes pures. On vit déjà l’absence dans la projection, la mélancolie des jours heureux, les souvenirs des moments fous. Les étreintes débordent d’émotions et on voudrait qu’elles ne s’arrêtent jamais.

Chères personnes, ami(e)s et amants de ma route, vous êtes tous inoubliables et si vivants encore. L’Amour est partout et se cristallise dans les départs, non pas l’amour romantique et restreint, mais l’Amour majuscule qui accepte que tout a une fin et qui remercie de vous avoir posés sur ma route.

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